Français Anglais Musée du compagnonnage à Tours
Musée du Compagnonnage
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XXe siècle

Le XXe siècle correspond à une profonde réorganisation du Compagnonnage. Jusqu’en 1914, les compagnons tentent d’enrayer la chute de leurs effectifs en créant des « sociétés protectrices d’apprentis », chargées de négocier des contrats auprès d’entreprises où ils recevront une bonne formation. Ils mettent également en place dans plusieurs villes des cours professionnels. Des rapprochements s’opèrent entre les compagnons du Devoir, l’Union Compagnonnique et les charpentiers du Devoir de Liberté.

La guerre de 1914-1918 bouleverse le compagnonnage. Beaucoup de jeunes aspirants et compagnons perdent la vie durant ces quatre années de guerre. Plusieurs cayennes et chambres s’éteignent alors, faute de membres ou de ressources.

Les compagnons resserrent leurs liens après la Grande Guerre

Les compagnons resserrent leurs liens après la Grande Guerre

Abel Boyer dans son atelier d’Asnières en 1932. Photo M. Bossu

Abel Boyer dans son atelier d’Asnières en 1932. Photo M. Bossu

 

Durant l’entre-deux-guerres, les compagnons se réorganisent en fédérations régionales. Leurs sociétés rejoignent deux nouveaux mouvements : la Fédération Générale du Compagnonnage fondée en 1919 sous l’impulsion d’Ernest BOYER, Tourangeau le Bien Aimé, un compagnon maréchal-ferrant (1876-1952) ou la Confédération Salomon-Jacques-Soubise, mise en place en 1929, avec comme principal chef de file un autre maréchal, Abel BOYER, Périgord Cœur Loyal (1882-1959).

Les compagnons menuisiers et serruriers du Devoir de Liberté se détachent de l’Union Compagnonnique à laquelle ils avaient adhéré et retrouvent un nouvel essor grâce à Pierre LOUIS dit Limousin Cœur fidèle (1906-1986).

D.R. Jean Bernard (1909-1994)

Jean BERNARD (1909-1994). D.R.

La deuxième guerre mondiale et l’Occupation firent craindre aux compagnons d’être concernés par les mesures répressives de l’Etat français à l’encontre de la franc-maçonnerie. En 1940, un tailleur de pierre nommé Jean BERNARD dit La Fidélité d’Argenteuil (1909-1994) se rend auprès du maréchal Pétain et le convainc que le compagnonnage du Devoir n’est pas une organisation maçonnique. Encouragé par l’Etat français, il met en place en 1941 l’Association ouvrière des Compagnons du Devoir. Elle procède à d’importantes modifications des rites (dont la Grande Règle commune, l’instauration de l’adoption à l’état d’aspirant, les Mères communes à tous les corps de métiers) et institue une nouvelle organisation territoriale (en provinces et prévôtés). Elle est peu après reconnue d’utilité publique et reçoit des subventions pour fonder son premier siège à Lyon.

A la Libération, l’Association ouvrière ne parvient pas à rassembler l’ensemble des compagnons. L’Union Compagnonnique ne s’y intègre pas. Les compagnons charpentiers du Devoir et du Devoir de Liberté fusionnent en novembre 1945 et n’adhèrent pas non plus au mouvement créé par Jean Bernard.

Les menuisiers et serruriers Gavots se tiennent aussi à l’écart. Les réformes engagées par l’Association ouvrière mais surtout sa naissance favorisée par le régime de Vichy ne sont pas acceptées par ces compagnonnages.

En 1952, les charpentiers des Devoirs, les Gavots et divers autres compagnonnages fondent à Tours la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment.

Durant la seconde moitié du XXe siècle, l’Association, la Fédération et l’Union s’implantent dans de nombreuses villes de France, au-delà des régions traditionnellement fréquentées par les compagnons : la Normandie, la Bretagne, l’est et le nord de la France, le Pays basque… Des sièges sont également créés en Belgique, Suisse, Allemagne, Angleterre, etc. Le tour de France devient un tour d’Europe.

Reconnus comme organismes de formation professionnelle, soutenus par les pouvoirs publics, les associations compagnonniques ont fondé des centres de formation d’apprentissage et dispensent aussi des cours à toute personne désireuse de se perfectionner dans son métier. Les sièges de ces mouvements permettent désormais l’accueil sous un même toit de jeunes apprentis et compagnons de nombreux métiers.

Fusion des compagnons charpentiers en 1945. D.R.

Fusion des compagnons charpentiers en 1945. D.R.

Limoges. Photo B. Barjou. Jeune menuisier en formation chez les compagnons de Limoges

Jeune menuisier en formation chez les compagnons de Limoges. Photo B. Barjou

 

En 2004, l’Association ouvrière des Compagnons du Devoir a adopté le passage à un compagnonnage mixte et la première femme (tailleur de pierre) a été reçue en 2006.

Depuis une trentaine d’années, l’Association, la Fédération et l’Union n’échappent pas à des contestations internes suivies de scissions, qui ont conduit à la création de plusieurs petites associations de tailleurs de pierre, couvreurs ou tous métiers réunis.

Le nombre des compagnons « en règle » de l’Association, la Fédération et l’Union est aujourd’hui estimé à 10 000.

Escalier à dessous coulissant
(1825)

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